Serge Tonnar: Notre BHL à la luxe-sang-bourgeoise?

October 25th, 2011

Cette fois, ça y est. Ce texte me brûlait sous les ongles depuis bien longtemps, mais je croyais toujours qu’une meilleure occasion se présenterait pour le publier. Quand j’ai vu ce matin que le sieur Tonnar avait appelé au boycott du Tageblatt sur Facebook (une page curieusement disparue d’ailleurs peu après sa publication), parce qu’encore une fois il ne supportait pas d’être critiqué, je me suis décidé à enfin rédiger ce petit essai de démystification de la personne médiatique Serge Tonnar, qui souvent n’est pas ce qu’il nous vend.

D’abord, pourquoi le comparer à BHL? Tonnar ne se présente pas (encore) comme un “nouveau” philosophe et à ce que j’en sache il n’a pas sauvé la Lybie de Gaddhafi. Mais pourtant quelques parallèles entre le nouveau philosophe et notre trublion national sont évidents: tous les deux ont crée autour de leur personne un certain mythe en dehors duquel ils n’existent pas, tous les deux entretiennent d’excellentes relations avec les médias qui les aiment bien, et d’exécrables avec ceux qui osent les critiquer, tous les deux sont des hommes de réseaux et des joueurs multicartes qui sont un peu partout en même temps et qui n’hésitent pas à utiliser leur influence pour écraser leurs  – supposés – ennemis et puis finalement BHL comme Tonnar s’érigent en autorités morales indiscutables. Pour cette comparaison, je me base sur le chapitre dédié à BHL dans l’excellent ouvrage de Pascal Boniface “Les intellectuels faussaires“.

1) Le mythe de l’artiste “indépendant”. A chaque fois que le nom de Serge Tonnar apparaît dans les médias, il est qualifié – et il se qualifie lui-même – d’artiste “indépendant”. C’est son label, son image à lui. C’est sa pose sur la couverture de la Revue, en tant que Che Guevara de la scène artistique locale, le dernier rebelle dans un monde d’abrutis qui n’osent plus lever la voix contre la connerie et les injustices. Mais, est-il pour autant un crève-la-faim qui dit la “vérité” du petit peuple aux riches et aux hommes de pouvoir? Est-il haï et exclu par celles et ceux qui gouvernent ce pays, ou qui le possèdent? Non, la réalité est différente et la pose du pauvre artiste frôle la malhonnêteté : au lieu de se dire artiste “indépendant” Serge Tonnar ferait mieux de se décrire comme “artiste dépendant d’une convention avec le ministère de la culture”. Car c’est bien du ministère de la culture – par le biais d’une convention avec Maskénada asbl -  qu’il reçoit l’argent de ses productions, ses gages, ses salaires. Il est à la solde du ministère et tire ses revenus d’une convention, tout comme l’église catholique luxembourgeoise.

Et, en fait, il n’y a rien de mal à cela. Des centaines d’autres artistes et intermittents du spectacle se financent de cette façon et s’en tirent plutôt bien, même si un tel plan de vie n’est pas toujours de tout repos. Mais ces derniers ne se labellisent pas en tant qu’artistes indépendants, ces derniers ne font pas le rebelle pour le show tout en s’engraissant par derrière. Un fait curieux est que Tonnar est bien le premier sur tous les toits à crier son mépris de la médiocrité et la stupidité de la société luxembourgeoise, mais quand il s’agit de critiquer la non-politique culturelle menée dans ce pays, quand il faudrait dénoncer l’incompétence, l’arrogance et le népotisme qui règnent dans les couloirs du ministère, Serge Tonnar reste étonnamment muet. Etonnant, non? On retiendra que Tonnar est aussi rebelle que BHL est philosophe.

2) Un homme des réseaux et un joueur multicartes. Un autre fait qui risque d’endommager l’image du rebelle si bien entretenue est que Serge Tonnar est un peu partout dans le paysage artistique luxembourgeois. Ainsi, il n’est pas seulement incontournable dans le comité de Maskénéda, mais on le trouve également à la fédération du théâtre, dans le nouveau site de création Banannefabrik, le Forum Culture(s), la Fondation Thierry van Werveke et maintes autres institutions culturelles. Certes, je ne veux nullement spéculer que Serge Tonnar aurait un intérêt pécunier dans ces affaires, mais son bénévolat lui procure quelque chose de bien plus précieux dans la scène culturelle: de l’influence. Ce qui, non plus n’est pas une chose condamnable, au contraire même, la scène a besoin de gens qui s’engagent comme Tonnar le fait et qui utilisent leur influence pour faire bouger les choses. Mais là, où ça se corse c’est quand il l’utilise pour attaquer ceux qui le critiquent. Ce qu’il a fait avec son appel au boycott du Tageblatt, qui avait osé remarquer que la soirée de bienfaisance organisée par la Fondation Thierry van Werveke avait un caractère plutôt bling-bling, sans pour autant critiquer les artistes pour leur engagement pour les plus démunis. Et qu’en fait Tonnar? Il appelle au boycott de tout le journal, ce qui – si les gens le suivaient – pénaliserait toute une équipe rédactionnelle (pendant l’occupation, les nazis appellaient cela “Sippenhaft”). Mais le plus étonnant, ce sont les raisons qu’il avance pour expliquer son geste, car il prétend que l’auteur incriminé s’en serait pris aux artistes, ce qu’il n’a justement pas fait. En d’autres mots: la vérité lui importe peu, s’il peut attaquer de front quelqu’un qui ose le délit de lèse-majesté à son égard. L’exemple du Tageblatt, n’est pas le premier et sûrement pas le dernier cas dans lequel un journaliste se fait foudroyer par le petit dieu du Limpertsberg. Moi même, j’ai fait une expérience similaire en osant critiquer un CD de son groupe Zap Zoo en 2006. A l’époque Tonnar me reprochait d’être un joueur multicarte (sic!) qui n’avait pas le droit de critiquer des musiciens, étant musicien moi même. Ce qui est légèrement absurde, vu que son passé d’animateur musical à la radio publique (100,7) ne l’a jamais retenu de monter sur scène. Outre un échange de mails plutôt ridicule, j’ai eu droit – des années plus tard, car l’ire du sieur Tonnar n’est pas brève – à une tribune libre publiée dans la Revue, qui critiquait justement le fait qu’il y avait des critiques musicaux actifs dans la scène eux-mêmes. Et si Godard n’avait pas tourné de films parce qu’il écrivait dans “Les cahiers du cinéma” et si Baudelaire avait abandonné la poésie parce qu’il publiait ses “Salons”? On le voit bien, quand il attaque, Serge Tonnar perd un peu la contenance, la raison et la mesure. En fait, les journalistes qu’il aime, ce sont celles et ceux qui pratiquent un journalisme de service, qui ne publient que les communiqués de presse – paraphrasés parfois, il est vrai – qu’on veut bien leur donner. Donc tout comme BHL, qui traite ses critiques systématiquement d’antisémites, Tonnar ne craint pas les contre-vérités quand il veut faire taire une voix critique.

3) Une instance morale incontournable. Pour ce dernier point, je prends pour exemple l’”affaire” des Terres Rouges. On se souvient que fin août, le refus de Serge Tonnar de monter sur la scène de ce petit festival au caractère purement événementiel, avait fait quelques vagues dans la presse qui ronflait bien sous la torpeur du trou d’été tirant vers sa fin. Pourquoi ne voulait il pas jouer? A cause des organisateurs, qui, selon lui se foutaient de la gueule des groupes luxembourgeois, qui n’auraient qu’un rôle de figurants à jouer à côté des grands groupes internationaux également présents. S’il est vrai que le traitement des musiciens luxembourgeois n’est pas toujours très optimal, on doit tout de même se poser deux questions: Pourquoi un groupe local, moyennement connu dans le pays, jouerait-il après un groupe qui vient de terminer une tournée mondiale (d’ailleurs ce n’est pas seulement chez nous que les choses se font ainsi, à l’étranger aussi les “local heroes” ouvrent les soirées pour les groupes internationaux)? Et, pourquoi lui? En quel droit s’exprime-t-il pour tous les autres musiciens du pays? C’est qu’il doit vraiment se prendre pour une instance morale, ou, qu’il a un égo monumental. En tout cas, cela démontre que l’artiste rebelle et “indépendant” ne se prend pas pour un outsider, mais bien pour quelqu’un d’influent.

En guise de conclusion: Ce que je ne veux pas dire – et ce que je ne veux a fortiori pas qu’on me fasse dire – c’est que Serge Tonnar est un mauvais artiste. Au contraire même, il est un excellent acteur et un songwriter talentueux et ses piques – parfois plus, parfois moins drôles – qu’il lance contre la société luxembourgeoise sont bien nécessaires. En d’autres mots: Sans lui, notre paysage culturel serait bien plus pauvre. Ce qui ne veut pas dire tout de même que de telles qualités l’autoriseraient à se considérer au-dessus de la mêlée…

dramkulturlandschaftlëtzebuerg – mein bescheidener beitrag

September 16th, 2010

TRAUMKULTURLANDSCHAFT

LUXEMBURG:

EIN GLOSSAR

Alptraumkulturlandschaft. Traum des Kulturpessimissten. Freifahrtschein für das Jammertal. Lebenszweck und täglich Brot des Kritikers und seines Symbionten, der ewig klagende Künstler. Auch noch bekannt als das Paradies auf Erden.

Biennale. Alle zwei Jahre wiederkehrendes Rasseln im Krabbenkorb der Kunstmenschen (siehe Homo artisticus). Auch zu finden unter der Form der Triennale oder Quadriannale. Trotz gelegentlicher Arschleckerei existiert kein Bezug zu Skatophilie.

Casino. Definitiv kein Spielcasino, aber Spielwiese etwas realitätsfremder Kunstmenschen (siehe Homo artisticus).

Diskurs. Text zu dem jeder eine Meinung hat und sich gezwungen sieht den nächsten zu produzieren. Auch bekannt als Perpeetum mobile, bzw. Füllhorn der Kunstwelt.

Ehrenpreis. Zu Sponsoringzwecken verschenktes Katzengold. Tritt öfters in Verbindung zu Diskursen in diversen Krabbenkörben in Erscheinung.

Filmfonds. Durch Tax-Shelter hervorgebrachter Höhenrausch. Hollywood steht vor der Tür.

Geschäft. Versteckter Sinn des Kunstschaffens. Wurde vor allem im 20. Jhdt. entdeckt.

Homo artisticus. Fleischgewordene Abstraktion der Realität. Selbsternannter Halbgott und Underdog in einer Person. Ist alles, aber nicht wie die Anderen. Ein Wandler und ein glitschiger Tintenfisch. Lässt sich nie festsetzen, wohl weil er selbst nicht weiss wo er gerade steht. Weiss zu allem etwas zu berichten. Aber leider meist Unverständliches. Alles andere würde seiner Kondition widersprechen.

Identität. Immer wieder abgefeiertes höchstes Gut des Homo artisticus, da sie sich – wie er – nicht festlegen lässt. Lieblingsthema sonst ideenloser Spektakel, Diskurse, Theaterstücke, Performances etc.

Job. Im Kunstbusiness: Brotverdienen im Krabbenkorb.

Kultur. Ökonomisches und touristisches Gut. Gerne zitiert im Zusammenhang mit Krise oder Identität. Bollwerk gegen alles Fremde.Schlafkissen des Homo artisticus.

Künstler (international). Gerne für teures Geld eingeladenes Schmückstück. Dient vortrefflich zur Illustrierung des ach so guten hiesigen Geschmacks.

Künstler (national). Unter einer schützenden Käseglocke eingesperrter Jammerer. (Jammert aber nicht über die Käseglocke).

Luxemburg. Nabel oder Blinddarm Kultureuropas – je nach Ansicht.

Mudam. Prunkstück ohne Furcht und Tadel. Architektonisches Schwert des Homo artisticus gegen die Kunstungläubigen.

Octavie. Grossartige Slapstickkünstlerin im Weinberg des Herrn.

Perfomance. Zwischendings. Meist sinnloses Herumspringen wegen Mangels an Ideen.

Revolutionär. Vielgebrauchtes Adjektiv, leergewaschen durch vieles Diskursieren.

Subvention. Göttliches Almosen und zweischneidiges – da abhängigmachendes – Schwert. Goldene Dusche der Kunstmenschen.

Theaterszene. Mitunter grösster Krabbenkorb der Kunstmenschen. Griechische Tragödien – und mitunter auch französische Schmonzetten – gibts auch live hinter den Bühnen.

Unterhaltung. Sinn der Kultur – zumindest laut den Ansichten verschiedener Ministerialbeamten. Es geht vor allem darum dem geliebtem Publikum vorzuenthalten oder davon abzulenken wie kaputt es doch ist.

Vernissage. Messe der Kunstgläubigen. Ein Trau-Schau-Wem nach bester Omi-Manier, aber anstatt dem Lattengustl gibts eben Diskurse über Dreckhaufen auf teuerstem Parkett.

Workshop. Meist auf Einbildung basierende Weiterbildung.

X-Strahlenblick zum Erkennen wahrer Kunst. Steht auf der Weihnachtsliste jedes Kunstmenschen. Bisher noch nicht erfunden.

Yuppie. Sidekick des Kunstmenschen – gibt eher zu dass er nichts versteht, aber die Kohle tröstet ihn über das meiste hinweg.

Zynik. Selbstzweck dieses Glossars. In Ermangelung glaubhafter Alternativen immer noch die beste Waffe gegen Verdriesslichkeit.

Les Roms au Luxembourg

September 16th, 2010

Suite aux récentes polémiques sur les Roms en France et aux réactions tellement hypocrites de politiciens luxembourgeois, qui feraient mieux de s’occuper de leurs oignons, j’ai décidé de publier ici un article datant de 2006 sur le traitement que réserve le grand-duché aux gens du voyage:

GENS DU VOYAGE
Pur hasard
Pour la deuxième fois en quelques se maines, des gens du voyage ont été reconduits à la frontière. Chaque fois le motif du tapage a été invoqué.

Dans un rapport de l’observatoire européen des phénomènes racistes et xénophobes, daté de mai 2006, qui détaille l a situation des Roms dans chaque pays européen, le Luxembourg a droit à un tout petit et lapidaire paragraphe. Ceci n’ est pas dû à la taille du pays, mais au manque d’inf ormations à leur sujet. Ainsi, il est relevé qu’ en absence d’ un recensement officiel, l’ ONG Caritas estime leur nombre entre 250 et 500 personnes. Quant à leur niveau d’ éducation et d’intégration – le sujet principal du rapport – le gouvernement est incapable de livrer des chiffres, faute de recherches.

Alors que la Caritas pense que ces personnes seraient ” well integrated”, le rapport relève aussi la présence d’ un nombre inconnu de réfugiés des Balkans, dont l’ éducation ne serait pas assurée, aussi faute d’informati n – ou d’intérêt – à leur sujet. Interrogé par le woxx, Yves Schmidt, un des responsables du service réfugiés de  la Caritas, s’ étonne de ces chiffres. Selon lui, ce n’ est pas son département qui les a fournis. Pourtant, le service réfugiés est en contact régulier avec des famill es d’ origine tsigane. ” Les familles que nous connaissons sont d’ ailleurs merveilleusement intégrées. Elles sont sédentaires, vivent dans des maisons ou appartements et leurs enfants vont à l’ école”, raconte-til. Il se souvient tout de même de plusieurs cas où la police a mis des gens dans un train. ” D’ailleurs, certains réfugiés des Balkans, quand ils s’ adressaient à nous, ont tu leurs origines tsiganes. Car ils ne pensaient pas obtenir de l’ aide en se présentant comme tels. ” Quant à ceux qui ne sont que de passage, ils ne sollicitent guère l’aide de l’ ONG. Car il faut  différencier entre les ” vrais” gens de voyage, qui continuent à prendre la route tout au long de l année et les sédentaires. Curieusement, la majorité des gitans voyageurs se trouvent en France, où une loi initiée par Nicolas Sarkozy en 2003 oblige toutes les communes de plus de 5000 habitants à réserver un terrain d’accueil pour les gens du voyage. Les communes récalcitrantes doivent payer des amendes. Curieusement, il doit y en avoir beaucoup qui ne manquent pas d’ argent. Car selon les associations qui travaillent sur le terrai n, la situation des Roms ne cesse de se dégrader. Heurts avec les communes, méfiance des voisins des camps et interventions policières musclées sont au programme. En Allemagne, par contre, les Tsiganes ne semblent pas avoir tant de problè mes à s’install er. Selon le Zentralrat der Roma und Sinti, basé à Heidelberg, ces problématiques seraient quasi inexi stantes, car “la grande majorité des gens que nous représentons sont sédentaires”, peut-on apprendre. Le Zentralrat se charge d’ ailleurs plutôt du devoir de mémoire des Tsiganes assassinés par l es nazis, que des problèmes actuels. Au Luxembourg, la situation est plus déli cate. La loi de 1 996 interdit le séjour à chaque étranger qui ” est dépourvu de papiers de légitimation prescrits, de visa si celui-ci est requis, qui est susceptible de compromettre la sécurité, la tranquillité, l’ ordre ou la santé publics”. Ce paragraphe mou laisse une grande liberté à ceux qui n’ en veulent pas. D’ ailleurs le même texte précise: ” Peuvent être éloignés du territoire par la force publique, sans autre forme de procédure que la simple constatation du fait par un procès-verbal à adresser au Ministre de la Justice, les étrangers non autorisés à la résidence: 1 ) qui sont trouvés en état de vagabondage ou de mendicité ou en contravention à la loi sur le colportage”. En fait une vraie législation anti-gens du voyage, si on y regarde de près. Car elle laisse le jugement dans les mains des autorités, tandis que ceux qui tombent sous cette loi n’ ont même pas la possibilité d’ un recours. En plus elle rend tout campement impossible. Ce qui a pour conséquence qu’ au grand-duché il n’ y a que deux possibilités de rencontrer des gens du voyage: lors de concerts de jazz- manouche, qui sont toujours bien visités car on aime le romantisme gipsy et dans la rubrique des chiens écrasés des grands quotidiens quand une foi s de plus des gens du voyage ont ” dû” être escortés à l a frontière.

Que s’ est-il donc passé au camping de Alzingen le week-end dernier? En l’ absence des principaux intéressés et d’ un statement du syndicat d’initiati ve, il f aut bien se résigner à lire ce qui est écrit dans la presse. La première chose qui interpelle le lecteur attentif, c’ est la démesure des moyens employés. En effet, depuis quand faut-il un hélicoptère et l’intervention des unités spéciales pour calmer ce qui semble être après tout une simple rixe? Lorsqu’ une bagarre éclate dans un bistrot luxembourgeois, l’ Etat n’ envoie pour autant pas l’ armée. D’ autant plus qu’il semble bien qu’ à chaque fois qu’ on expulse des gens du voyage, il s sont systématiquement accusés de tapage. Et tombent donc sous le coup de la loi sus- mentionnée. Y aurait-il un système derrière cela?
Vic Reuter, le porte- parole de la police grand- ducal e se défend de ces accusations: ” Les forces de l’ordre n’ expulsent pas systématiquement les gens du voyage. Nous n’intervenons que si ces personnes sont à l’ origine de troubles. D’ ailleurs nous ne faisons aucune distinction éthnique ou sociale concernant les gens auxquels nous avons à faire. ” Selon lui, l’ envoi de l’ hélicoptère n’ aurait rien d’ extraordinaire: ” C’est toujours le cas quand la pésence d’armes à feu est signalée. En plus, il s’agissait d’ un champ ouvert, il y avait donc d’ excellentes possibilités de fuir. Ces conditions une fois réuni es, le dispositif spécial est déclenché. ” Pourtant, selon les médias la rixe se serait vite calmée. En plus on ne sait ni combien de personnes elle opposait, ni les raisons du conflit. Quant à l’ arme évoquée, Vic Reuter doit bien ad mettre qu’ elle n’a pas été trouvée. ” Nous avons trouvé des pistolets à air comprimé, ainsi que des munitions. Mais pas d’ arme à feu. ” Les gens du voyage, s’ils  ne sont pas réprimés systématiquement par les forces de l’ordre, sont-ils toujours source de problèmes pour ces derniers? Selon Reuter ce ne serait pas le cas. Ces deux incidents seraient le fruit du hasard. Ce seraient les colporteurs, souvent originaires des pays de l’Est mais pas forcément gitans, qui vendent des tapis et autre bric-à-brac au porte-à-porte, qui poseraient beaucoup plus de problèmes. Encore bien que la loi soit aveugle, et s’applique aussi à ceux-là.

Wie ich einmal neben Hendryk M. Broder frühstückte

September 21st, 2009

Zum Glück versteht er kein französisch. Sonst hätte er mit meinen rumänischen und ungarischen Kollegen, die wie ich an einem Seminar zur Literaturkritik im europäischem Journalismus in München teilnahmen, seinen Senf zu meiner kleinen Traumdeutung dazu geben können. Und sicherlich hätte er meine Vision vom Schriftsteller Leon de Winter der im Stringtanga und mit Pfauenfeder im Arsch auf der Gaza-Mauer herumtanzt, während er elegant den Gummihühnern ausweicht mit denen wütende linke anti-zionistische Antisemiten ihn bewerfen, gerne kommentiert. Anti-Zionistisches Arschloch, oder ähnlich wäre seine – sicherlich eher analfixierte – Diagnose gewesen.

Aber Hendryk M. Broder versteht kein französisch. Dafür beherrscht er aber die Kunst auf sich aufmerksam zu machen. Nun mal ehrlich: Wer läuft denn schon im Pyjama durch den Speisesaal seines Hotels, wenn er nicht unter einem Aufmerksamkeitsdefizit leidet? Da braucht man schon gar nicht mehr lauthals das Boulevardblatt zu kommentieren und doch tut er es. “Diesmal waren es keine Muslime”, schnauft er über das Ableben eines 50-jährigen Münchners dessen Zivilcourage ihm vor ein paar Tagen das Leben gekostet hat – beim Versuch einen Streit unter jungen Menschen zu richten und diese ihn erschlugen. Als ob es schade wäre, dass ein paar deutsche, drogensüchtige Jugendliche diese Gewalttat vollbracht hätten und keine bösen radikale Muslime. Hier offenbart sich nebenbei die Denkweise Broders und fast der gesamten Presse: Als vor fast zwei Jahren, zwei Jugendliche in München ebenfalls einen alten Mann zusammenschlugen, reichte es den Medien zu wissen, dass diese Ausländer waren. Offensichtlich ist es so, dass deutsche Jugendliche Drogen im Blut haben müssen, damit man ihnen eine solche Tat zutraut. Bei den Ausländern reicht ihr unreines Blut völlig aus. Broder denkt, wie viele andere in schwarz und weiss. Ungleich vielen anderen, ist er ein geachteter Intellektueller der – wie er es selber lauthals durch den Saal verkündet – auch mal bei Kerner Gast sein kann, um in gediegener TV-Runde von sich, sich und vielleicht ein bisschen der Welt da draussen zu schwafeln.

Aber… was hab ich eigentlich gegen diesen Typen? Ausser seines antipathischen Benehmens, das ihn der internationalen proto-faschistischen Kleingärtnerriege näher bringt als dem Olymp der Intellektuellen, ist es vielleicht auch seine politische Meinung die mich intrigiert, sowie die polemische Art wie er sie unter die Menschen bringt. Polemisch heisst hier soviel wie: Entweder du bist für mich oder du bist ein Antisemit.

In seiner Einleitung zum Leseabend mit Leon de Winter (der am Vorabend im Literaturhaus München stattfand) – nachzulesen auf welt.de, wo er sie als Rezension verkauft – geht Broder mal wieder seiner Lieblingsbeschäftigung nach: Intellektuelle in die Pfanne hauen, die – anscheinend – Israels Existenzrecht deligitimieren. Dabei geht es diesmal um die Kollegen Henning Mankell und Jostein von Gaarder, die es wagten den israelischen Staat zu attackieren und zu kritisieren, ohne jemals zu verlangen dass man den Staat von der Landkarte tilgen sollte. Nun, Herr Broder meint dazu “Es gibt weder von Mankell noch von Gaarder eine ähnliche Stellungnahme, in der sie das Existenzrecht eines Staates für verwirkt erklären, mit dessen Politik sie nicht einverstanden sind. Weder zu Iran, noch zu Sudan, nicht zum Kongo, nicht zu Weißrussland. Israel allein genießt das Privileg, sie so in Rage zu bringen, dass sie dem Land die Anerkennung entziehen”. Hat er Mankell oder Gaarder denn gefragt, ob sie mit Iran, Sudan oder Kongo einverstanden sind? Wohl kaum, denn kein Intellektueller der westlichen Hemisphäre der etwas auf sich hält, würde diese Staaten verteidigen oder rechtfertigen, dies käme ohnehin einem künstlerischem Selbstmord gleich. Für Broder ist dieses billige Argument aber immer noch teuer genug, um seine Gegner als Terror- und Diktaturfans abzustempeln und sich die Krone des Gerechten aufzusetzen.

Es gibt noch viel mehr solcher Beispiele im Text, die immer wieder eines unter Beweis stellen: Broder ist ein Meister der Rhetorik, doch er kann nicht richtig argumentieren. Irgendwas stimmt nie in seinen Sätzen, sie klingen merkwürdig hohl und mir ist bei ihrer Lektüre immer wieder unwohl. Habe ich mich jetzt selbst als Antisemit entlarvt? Kann ich mich jetzt nicht mehr im Spiegel ansehen, weil mir über Nacht ein Hitlerbärtchen gewachsen ist? Oder ist Broder ein Extremist, jemand der jeder Diskussion einen Riegel vorschiebt indem er sich auf irgendwelche anscheinend unumrückbare Zustände beruft?

Ich plädiere – verständlicherweise, denn dies hier ist immer noch mein Blog – für die zweite Variante und verweise nun kurz auf meine Position zum Nahostkonflikt:

- Israel hat das Recht zu existieren und niemand Israel dieses Recht absprechen.

- Israel hat – wie alle anderen Länder auch – das Recht und die Pflicht sein Territorium und seine Bürger zu verteidigen.

- Israel hat aber auch das Recht und die Pflicht mit seinen Gegnern und Nachbarn zu verhandeln, bevor es Truppen schickt.

- Israel muss den Palästinensern erlauben einen eigenen und souveränen Staat zu führen und Israel muss fähig sein in Frieden mit seinen Nachbarn zu leben.

Und genau bei den letzten zwei Punkten liegt das Problem: In der Unverhältnismässigkeit mit der Israel auf palästinensische Attacken reagiert. Sicher, es ist kein Kavaliersdelikt mit Raketen auf Zivilisten zu schiessen, aber deshalb einen Krieg zu führen dessen Bodycount mit 13 Toten zu über 1.400 auf der anderen Seite steht und dies immer noch als verhältnismässig zu sehen, sowie keine Widerrede zu akzeptieren wenn es um die Interpretation des Gaza-Krieges von 2009 geht, das übersteigt meine Vorstellungskraft. So verhält sich kein Staat, dem es um Rechtmässigkeit geht, so verhält sich auch kein Staat der lange in die Zukunft überlegt – denn sonst wüsste er, dass solche Gewalt genug Leid entstehen lässt um Generationen von hassvollen Terroristen anzuziehen. Es ist, als ob sich dieser Staat seine Probleme selbst züchtet: Denn der Weg den Israel – und auch die Hamas – geht, ist einer der es darauf absieht, dass am Ende nur eine Partei übrig bleibt. Und dies kann niemand, nicht einmal Broder himself, wirklich wollen. Denn der Konflikt kann nur zu Ende gehen, wenn beide Seiten mehr als einen Schritt zurück treten und die Menschen leben lassen, ohne dass sie sich wegen der einen oder anderen Religion die Köpfe zu Brei schlagen.

Ich war mal – im Gymnasium – ein grosser Fan der israelischen Armee. Wie sie es immer wieder fertig brachten, auch in den beschissensten und verzweifeltesten Momenten mit ihren Gegnern fertig zu werden, begeistert mich noch teilweise heute – insofern ich mich überhaupt für Mord und Totschlag begeistern kann. Die Geburt des Zionismus aus der Literatur der Pogrome, zumal die Werke eines Hayim Nahman Bialik oder Isaak Babel oder die Erzählungen der Singer-Brüder, gehören für mich zweifelsohne zu den bedeutendsten Werken ihrer Zeit. Und trotzdem kann ich Interventionen wie den letzten Gaza-Krieg, also die Operation Cast Lead – dessen Name übrigens einem Gedichts Bialiks entnommen ist – nicht gutheissen. Es gibt keinen Grund mit solcher Härte gegen Zivilisten vorzugehen und es gibt auch keinen Grund Kritiker dieser Politik mit der viel umstrittenen “Moralkeule Auschwitz” zu erschlagen. Denn das Problem ebendieser Keule ist es, dass sie jegliche Diskussion unmöglich macht. Wer damit geschlagen wird, hält augenblicklich den Mund, denn der Holokaust ist in seiner Grausamkeit einzigartig. Nur, wird es seinen Opfern gerecht, wenn in ihrem Namen Kritikern das Maul gestopft wird? Zumal die meisten Kritiker ja nicht einmal dran denken den Holokaust zu negieren oder auch nur zu relativieren – sondern lediglich sich das Recht herausnehmen einen Staat, der unverhältnissmässig reagiert und seinem Nachbarvolk langsam aber sicher das Wasser abgräbt, so dass dieser in ständiger Angst und Prekarität leben muss, zu kritisieren.

Ich jedenfalls, nehme mir das Recht zu sagen was ich denke: Herr Broder, sie sind, mit Verlaub, ein Arschloch. Und ihre Argumentationen fallen höchstens bei Islamisten und jüdischen Extremisten auf fruchtbaren Boden. Menschen mit Gehirn und Eiern, können bei ihnen nur noch mit dem Kopf schütteln. Und das Schlimmste daran ist: Sie tun nicht mal Israel einen Gefallen…

Auf der PopUp in Leipzig mit Obi und Gunnar

June 3rd, 2009

Ich weiss, ich weiss… dieser kleine Report war schon lange (über)fällig, aber die Vorwahlzeit, die lauen Sommernachmittage und Ähnliches haben mich bisher davon abgehalten, ausführlich über unseren diesjährigen Besuch bei der PopUp-Messe in Leipzig zu berichten.

Aber erst mal zu den Erklärungen: Die PopUp-Messe ist nicht die PopKomm und auch nicht die Midem, da dort nicht die großen Haie aus dem Musikbetrieb champagnersaufend und koksend über ihren eigenen Untergang schwafeln und Piraten jagen wollen – im Gegenteil, hier wird dem Bier gefrönt, die Laune ist gut und die Vertreter der kleinen Labels, Vertriebe, ja sogar Vinylpressen und alternative Modedesigner versuchen gut gelaunt über die aktuelle Lage – die immer irgendwie beschissen ist – zu beraten. Wir, also die Vertretung von Noiseworks-Records, waren die einzigen Luxemburger auf der Messe… aber da es bei uns ja auch keine Majors gibt, soll das nicht verwundern. But who the fuck is Noiseworks? Am besten lassen wir Karsten sprechen, den Gründer des Labels der es vor einigen Jahren an einen Luxemburger verschachert hat: ” Als ich das letzte Mal hier war – im Leipziger Volkspalast, einem 1913 gebauten Gebäude aus Beton, was damals als Pionierleistung galt – also 1983, da stand der Erich Honecker da vorne auf dem Balkon und hat den realen Sozialismus beschwört – um ihn herum standen lauter junge Männer in teuren schwarzen Lederjacken, die waren natürlich von der Stasi. Sicher gab es damals schon Rock und Punkmusik in der DDR, aber die Repression war noch zu hart. Erst gegen Ende des Regimes hatte man nichts mehr zu befürchten und so habe ich anfang 1989 Noiseworks in Karl-Marx-Stadt (heute wieder Chemnitz) gegründet, ohne zu ahnen, dass es eh bald vorbei sein wird mit dem Arbeiter- und Bauernstaat. Ich hab das dann 15 Jahre lang gemacht – Bands aus Ostdeutschland, Tschechien und anderen Ländern produziert – und dann bin ich Obi in Luxemburg begegnet und man kam ins Geschäft…” – Seitdem ist Noiseworks eigentlich ein luxemburgisches Label mit dem viele Bands aus der Szene kooperieren. Soviel zum Verständnis, nun zum Bericht.

Das dreiköpfige Team um Label(über)vater Obi trifft sich am Donnerstag morgen in Luxemburg, um festzustellen, dass das Auto das uns nach Leipzig bringen sollte kaputt ist. Mit einem Leihwagen aus Trier ist man – freie Fahrt hin oder her – gut 6 bis 7 Stunden on the road nach Leipzig – es empfiehlt sich hier bei der letzten Raststätte vor Leipzig, in Schorba halt zu machen. Wer noch einen richtigen Thüringer essen will, der darf es hier auch laut bestellen. Die Raststätte ist Kult und kommt ganz ohne Fastfoodkette oder Benzinpumpen aus… die Leute stehen trotzdem Schlange…und alles hat schon einen Hauch von Ostdeutschland.

In Leipzig angekommen gehen Obi, Gunnar und ich erst mal einen heben… auch um Gunnar mal aus seinem Loch zu locken, denn er ist schon ein komischer Kauz: Parasit und Vikinger zugleich, lebt er in einer dunklen Höhle irgendwo in den ewig verschneiten und noch ewiger dunklen Wälder Norwegens, hört Blackmetal, vögelt Jungfrauen zu Tode und trinkt überteuerten russischen Vodka. Er tritt normalerweise nur zum Vorschein wenn sein Gastkörper Marc dem Alkohol in rauen Mengen zuspricht – nur dann ist der Weg frei für den Berserker, dann übernimmt Gunnar die Kontrolle und die Welt erschauert – The Horror, the horror. Ansonsten ist Marc ein ganz netter Typ. Einige Drinks später in einem Club namens Nato, versucht man sich auf eine der Showcases zu einigen die hier wie Champignons aus dem Boden spriessen. Man entscheidet sich für die UT-Connewitz, ein ehemaliges Lichtspielhaus das nun ein Kulturzentrum ist. Angesagt waren The Scanners und The Legends. Während es sich bei ersteren um die 100.000ste female-fronted Garage-Indie-irgendwie-alternative-Band handelte, die zwar nicht besonders originell daherkam, trotzdem aber ehrliche Musik machte, waren die Legenden so ziemlich die mieseste Band die ich seit Jahren zu sehen und zu hören bekam. Auch die letzte luxemburgische Schülerband besässe nicht die Frechheit so vor Publikum aufzutreten. Der zweite Gitarrist starrte immer wieder ein Notenblatt auf dem Boden an, die blonde Backgroundsängerin brachte keinen Ton heraus und der Leadsänger… nun ja, er könnte mal in einem Spot gegen den Gebrauch von Koks mitmachen, als schlechtes Beispiel. Nachdem die Truppe bereits zum dritten Mal versucht hatte ein Lied fertig zu bringen, reichte es uns völlig. “More Music, Less Cocaine!!”, schrie ich noch mal um klar zu machen, dass wir nicht gingen weil wir die Musik nicht verstehen würden. Wir hatten sehr wohl verstanden. Den Rest des Abends verbrachten wir in diversen Kneipen, bis Gunnar uns sein brachiales, norwegisches Schlaflied sang, das uns dazu bewegte unser Hotel aufzusuchen.

Tag zwei begann für mich wie die meisten Freitage und Samstage und Sonntage seit ich 15 bin: mit unsäglichen Kopfschmerzen. Da Marc und Obi den ganzen Abend vorher über ihre PopUp-Workshops geklagt hatten, nahm ich an den Tag für mich in Anspruch nehmen zu können, um Leipzig zu erkunden. Doch weit gefehlt: Kaum hatte ich mich mit einem riesigen O-Saft, viel Wasser und noch mehr Kaffee auf einem Liegestuhl einer netten Terrasse unter den Bäumen der Karl-Liebknecht-Allee zur Ruhe gesetzt, tauchten die beiden wieder auf. Die Workshops waren anscheinend ziemlich unspannend gewesen – dieselbe Leier wie jedes Jahr, BigBusiness ist Scheisse, es lebe das Filesharing und die alternativen Geschäftsmodelle (die aber leider nicht zum Überleben reichen), und für den Rest; man kennt sich eben schon – also gehen wir über zur Lagebesprechung, die mit zwei oder gar drei Pitcher voll belgischem Kirschenbier uns viel besser bekommt. Auf der Terrasse weht ein lauer Wind, vor der Nato die auf der gegenüberliegenden Straßenseite liegt, steigen die ersten hippen Musiker aus ihrem abgefuckten Tourbus und schauen um sich als ob jedermann Ihnen jetzt gleich einen blasen würde. Gunnar streckt kurz die Nase raus, als wir uns entschliessen dann doch noch zum Volkspalast zu fahren um den Stand anzumelden. Nach einigen unfreiwilligen Visiten der Leipziger Vororte, kommen wir endlich beim Gelände an. Nur noch an ein paar Bauruinen vorbei, zwischen denen ein Billigdiscounter steht, der irgendwie nicht hierhin passt, die staubige Strasse hinauf, im Hintergrund das Völkerschlachtdenkmal, und schon steht man vor dem runden Bau des Volkspalastes. Wenn es hier nicht so wunderschön kaputt aussähe, könnte einem das Völkische glatt auf die Nerven gehen.

Nach dem Formalitätencheck, Standvergabe und Rundgang durch die Räumlichkeiten – das Interieur besteht oben aus nacktem Beton, unten sieht es eher aus wie in einem Puff der ein bisschen auf Asien machen will, die Plastikbuddhas lassen grüssen, (Das läge aber an den vielen Ü-30-Parties die hier geschmissen werden, erklärte man uns) machen wir uns auf den Heimweg, was zünftiges Essen und ab zu Ilse’s Erika, einem netten Bunker-Club in dem wir schon bei unserer letzten Visite auf bemerkenswerte Art abgestürzt waren. Leider war das einzig Prickelnde, dass eine hübsche junge Frau mit langem schwarzem Haar, sich mir näherte, mir aber statt einem Lächeln die Zigarette aus dem Maul riss und irgendwas von :” Hier ist Nichtraucher!!” grummelte…ansonsten ging man eher früh zu Bette, da morgen die Messe anfing. Mit der Seriosität einer Gruppe Handelsreisender fielen wir in unsere Kissen. Und standen wirklich am Tag darauf um zehn vor unserem aufgebauten Messestand, bereit, die ersten Biere unseres nationalen Biersponsors (unser einziger Sponsor auf dieser Messe übrigens…) zu killen. Der ganze Tag verlief dann wie in Trance…

Eine Messe ist wie jeder Ort an dem sich untereinander unbekannte Menschen sich treffen und wissen, dass es unter sich Gemeinsamkeiten gibt: Es fängt an mit Beschnüffeln, Blickkontakte aufnehmen und unmerksam versuchen doch etwas Aufmerksamkeit zu erregen. Durch ein bisschen genaueres Beobachten hat man schnell raus wer der durchtrainierte, professionnelle Kontaktmann ist, dem man beigebracht hat jedem den er begegnet das Gefühl zu vermitteln er wäre sein bester Freund, und die, die das nicht auf die Reihe kriegen. Die zweite Spezies ist von Natur aus sympathischer aber nicht immer die Interessanteste. Grosser Trend auf dieser Messe war übrigens das Vinyl – vom Presswerk, über zwei nette alte Herren die einem zeigten wie man auch zu Hause Schallplatten brennt und das auch sofort demonstrierten, bis hin zur Podiumsdiskussion – das schwarze, runde Gold liegt im Kommen. Anscheinend ist es doch eher die CD die verschwinden wird, und die Menschen werden in Zukunft zwischen MP3 und Vinyl umspringen. Warum nicht? Auf unserem Stand hatten wir was von “Free Music From Burkina Faso” stehen – was auf die ziemlich bescheuerten Wahlkampfsprüche des deutschen Finanzministers anspielen sollte, uns aber eher belächelnde, bis verachtende Blicke von humorlosen, politisch engagierten Deutschen einbringt. Sei’s drum, nach einem geschenkten Bier lockerte sich so manche Zunge auf und man kam ins Gespräch, tauschte sich aus und verschenkte die neueste Compilation von Noiseworks auf denen eine Auswahl luxemburgischer Bands zu hören ist und ja, auch das Grossherzogtum hat für die meisten Messebesucher noch einen Hauch von Exotik. Zudem war unser Gabentisch nicht heillos überfüllt und wir konnten einigermassen hinter all den feilgenbotenen Bands stehen… auch wenn wir uns ab Nachmittag eher setzen mussten und die Rückfahrt sich mit hastig wieder in den Wagen geworfenem Stand etwas chaotischer gestaltete als angenommen. Das Nachher erwies sich als noch extremer, zumal Gunnar jetzt schon bei Tageslicht hervortrat und wir zu dritt vandalisierend durch die Stadt zogen und Europawahlplakate in Mitleidenschaft zogen. Da wir uns für den Abend nicht einigen konnten welches Konzert wir wo uns anschauen würden, hatten wir die meisten schon verpasst als wir wieder bei Ilse einkehrten. Es spielte zwar ein anscheinend angesagter Electronic-Künstler, aber ausser ein paar Leuten die auf dem Boden sassen und sich darauf anstrengten konzentriert auszusehen, war nicht viel los… jedenfalls kam es mir so vor… der Rest des Abends verschwimmt in Fetzen, ein Café und Ärger, ein paar linke Skinheads und ein Parkhausgatter das nicht mehr aufwollte, Gunnars verrückte Schreie und ein freier Fall von ebendiesem Parkhausgatter, ein Bett wie ein Cover von Cannibal Corpse und eine Rückkehr voller Schmerzen…

Aber wir kommen wieder!!!

Quelques pensées sur le fait de discuter et internet …

May 12th, 2009

Depuis que j’ai un blog, je me demande de temps en temps ce qu’est l’internet au juste…

Question idiote, vous pensez? Oui, surtout pour quelqu’un qui se dit bloggeur. Pourtant, il existe sur le net plusieurs théories et pas toutes sont d’avis que la sacro-sainte toile soit le moyen idéal pour communiquer, pour que les peuples se rapprochent enfin et que – qui sait – le net soit la solution à tous nos problèmes… bon, faut dire aussi que celles et ceux qui croient en des panacées à tous les problèmes sont légèrement crédules…

D’autant plus, qu’il existe bel et bien des théoriciens qui mettent en cause l’idée que le net rapprocherait les gens. Par exemple: Dominique Wolton qui raconte dans son ouvrage “L’autre mondialisation” comment l’internet esseule ses usagers et surtout comment son rapport à l’autre ne s’en trouve pas amélioré. Tout au contraire, que l’autre – en tant que personne, société, institution, bref tout ce qui n’est pas associable au moi – soit consultable maintenant sur l’ordinateur familial quelque part dans un coin du salon, ne change rien aux préjugés qu’on a à son égard. Pire encore, leur omniprésence risque de faire croître les malentendus…

Il n’y a qu’à lire les “discussions” interminables dans les forums et se poser la question: “Est-ce que ces gens-là discutent vraiment?” – Dans la majorité des cas, la réponse est non… et pour cause, car beaucoup trop de personnes usent ces forums pour insulter la société, pour se donner de l’importance …  mais aussi pour construire leur égo, ce qui est naturel, en fin de compte. Tout compte fait, la discussion – véritable, celle où les interlocuteurs se donnent la peine de prendre en cause les arguments de l’autre et de revoir leurs positions si la raison de l’autre les force – est quasiment introuvable sur le net… même si les plateformes de communcation sont le dernier boom du web 2.0, et que le “user generated content” promet de beaux profits aux entreprises qui ne devront plus trop se soucier de leurs contenus avec des milliards de users fin prêts à leur livrer leurs données personnelles…

Avant de condamner l’internet comme source de tous les maux et de demander son interdiction, ce qui serait un réfèxe tout à fait sarkozyste, regardons un peu le monde réel.

Combien communiquons-nous vraiment dans notre quotidien? En commandant les croissants matinaux, vous échangez peut-être quelques formules de politesse avec votre boulanger, en meeting avec vos collègues de travail vous parlez boulot c’est tout, en actualisant votre compte facebook vous communiquez juste sur vos soirées passées et futures et puis en rentrant le soir, il peut vous arriver de vous sentir seul – même si quelqu’un vous attend…C’est que l’homme est un animal curieux, qui ne communique que par des schémas complexes. L’important, c’est d’avoir des gens avec qui on peut communiquer sans ambages, sans préjugés, sans trop de haine ou d’amour qui bouffent les sens et d’avoir quelque chose à leur dire…et encore: pour parler à ceux qu’on aime vraiment, il faut maîtriser une certaine délicatesse qu’on n’acquiert que par l’expérience – pénible, mais nécessaire – de l’échec…

Retenons donc, que la communication sous sa forme la plus agréable et profitable ne subsiste que très péniblement aussi bien dans le monde virtuel que dans la réalité.

Finalement, internet et société se ressemblent au lieu de s’opposer ou d’interagir, et on peut même les rapprocher sur un point essentiel: leur organisation interne. Il suffit de considérer juste la théorie que Gilles Deleuze et Félix Guattari énoncèrent dans l’introduction du second tome de “Capitalisme et Schizophrénie” nommé “Mille Plateaux” , celle du Rhizome. On m’excusera les simplifications à outrance mais, pour le dire simplement, la théorie du rhizome – appliquée à notre société – dit que l’idée d’une société arborescente, donc, organisée en hiérarchies pyramidales est fausse. Selon, Deleuze et Guattari, l’organisation sociétale correspondrait plutôt à l’image du rhizome – qui n’est rien d’autre que le corps invisible du champignon qui tisse ses liens sous terre, comme une toile. Ce que nous connaissons du champignon et ce que nous bouffons, n’est que son organe sexuel, soit dit en passant… Il faut se l’imaginer comme suit: même si mon chef est théoriquement mon supérieur, je peux avoir avec lui des liens qui fonctionnent dans le sens inverse – que ce soit parce que je détiens des expériences et des informations dont il a besoin ou que je saute sa femme, etc… En tout cas la réalité sociale, la réalité vécue dépasse de loin les schémas selon lesquels elle est supposée s’organiser.

Le mot toile, marqué en gras devrait avoir fait résonner quelques sonnettes d’alarme et montrer accessoirement où je voulais en venir à la fin: tirer une parallèle entre le monde réel et virtuel – plus précisément entre leurs modes d’organisation. Lorsque les chercheurs américains étaient chargés par leur Etat d’élaborer un “réseau distribué fonctionnant par commutation de paquets” ils imaginaient d’abord une figure centralisée, comprenant un point central et beaucoup de points adjacents – voyant que cela ne fonctionnait pas, ils pensèrent qu’un schéma décentralisé ferait l’affaire. Finalement, c’est le système distributif qui a été retenu pour être le plus performant. Ce système a – vous le devinez – la forme d’une toile. L’étude faite par un certain Paul Baran en 1964 (les soviets venaient juste d’envoyer le Spoutnik au-dessus des têtes de millions d’américains qui se chiaient dessus) est consultable ici, les schémas que je viens de mentionner se trouvent à la page 16 du document pdf. Et c’est ainsi qu’est né ce que nous appelons communément internet.

Juste pour insinuer finalement qu’internet et société se correspondent, non pas seulement en ce qui concerne les contenus et les modes de communication, mais aussi en ce qui concerne leur organisation interne. Internet n’est rien d’autre que le miroir exact de notre société avec tous ses politiciens, égomanes, amoureux et pédophiles. Internet ne peut pas rendre la société meilleure, mais si la société prend le soin de regarder dans son miroir, elle pourra peut-être voir ses conneries et changer…
bon, là je rêve….

Granzeg Bands zu Lëtzebuerg

May 12th, 2009

Lo…lo huet et erëm béis gekuckt… oder waar et Enttäuschung, di sech an deem Bléck  ze erkennen gin huet? Ze verstoen waer et jo: do gett een sech t’Méi op Tour ze goen, Daach an Nuet an enger Camionette oder op versifften Matratzen ze pennen, mais doofir awer all Owes on stage di pur Délicen vum Rock’n'Roll ze erliewen – daat ass e bessen wi eng evangelikalesch Gospelmass, juste dass et owes ass, a vun Gott manner riets ass wi vu sengem angeblechen fréieren Angestellten an gefaalenen Engel… an dann kennt een op Lëtzebuerg.

Di normal Haltung vun engem Lëtzebuerger op engem Concert ennerscheed sech vun engem Tétraplégique nemmen doduerch dass de Concertgänger meeschtens net am Rollstull setzt, an heiansdo och nach schwätzen kann… soss ass t’Kapphaltung ähnlech kromm an no virgebeugt, an di Bewegungen di vun Zait zu Zait duerch sai Kierper ginn, mudden éischter spastesch un…

Ech weess net, mais ech schummen mech all Kéiers, a verstoppen mech gaeren an der läschter Réi wann ech sou Saachen gesinn… putain, di Léit sin komm vir Party mat aerch ze maachen an net vir vun enger Riege vun fréi  verbooptenen Staatsbeamten an Konsorten analyséiert ze ginn!! All Kéiers, wann ech da sou an der läschter Réi stinn, ertappen ech mech da selwer derbai: de Kapp bewegt sech Richtung Buedem, an duerch mai Kierper geet di eng oder aaner Kéier eng spastesch Zuckung, di duerch Zoufall och op den Takt passt… kuerz gesoot et ass och nach ustiechend…Ergo: Lëtzebuerg ass eng Gesellschaft vun Verklemmtenen di sech alleguerten géigensaiteg behenneren…

An dann, wann ee sech nom Concert bei aaneren Lait opreegt iwwert daat bescheuert Publikum, kritt een meeschtens daat hei ze héieren:

-Ma du hues jo Recht, mais ech hu mech och net getraut mech ze bewegen, bei deenen Lait do…Maach wi t’Lait, etc… daat bescheuerst Sprachwuert ever (ech mengen souguer dass een mat sou enger Moral och kann e KZ bedréiwen)…schengt wuel méi déif als Stachel an eisem kollektiven Fleesch ze setzen wi een mengt…Realsatire léisst gréissen…Op all aaneren Concert am Ausland, mat deenen selweschten Bands, do geet et oof, do wackelt t’Buud do kréien di Museker den Enthousiasmus zereck deen se an t’Publikum schecken, do fennt en Austausch statt… an hei gett nemmen dommm geglotzt, a gemeckert wann eppes net stëmmt oder schon erëm keng Parkplaatz virum Exit ass

A wann een angesichts dessen bedenkt dass et tatsächlech Lait ginn di allen Eeschtens verlaangen, dass sech Auslänner un eis upassen sollen, da kann een nëmmen soen: Ma hutt der se nach all ??? – Maer hun ze léieren, maer hun emol aus eiser Carcasse auszebriechen an ze kucken wi et béi eisen Noperen oofgeet… um Concert, wi och iwwerall aanescht, tjö!!!

Commies and freedom of Press

May 4th, 2009

The  Luxembourgian version of the communist party – the KPL – has definitely shown that their idea of freedom of press is rather close to their brotherparty in North Korea…

uh, yes, you can also read the response, by scrolling down to the comment-section…